Faune et flore du Canal du Midi
Faune et flore du Canal du Midi – location fluviale Canal du Midi
Le canal est un long ruban d’eau qui s’étire au milieu du paysage et attire de nombreuses espèces animales. Plusieurs espèces de poissons comme les brèmes s’y reproduisent mais aussi des espèces comme les carnassiers qui viennent des rivières alimentant le canal. Des mollusques comme des anodontes, sorte de moules d’eau douce, ou des corbicules, sortes de coques d’eau douce, sont aussi présents dans les eaux du canal. Des ragondins et des rats musqués aiment également creuser des terriers dans les berges. Enfin, de nombreuses espèces animales viennent boire l’eau du canal.
C’est aussi un lieu très végétalisé. À l’origine, Pierre-Paul Riquet plante des arbres pour stabiliser les berges du canal, surtout là où il est en surplomb des terrains avoisinants. Le saule est très utilisé pour sa croissance rapide. L’ingénieur plante aussi du côté du canal des iris pour réduire l’éboulement de ses berges. Au XVIIIe siècle, les arbres plantés le long du canal deviennent une source de revenu. Ainsi, des mûriers sont plantés pour l’élevage de ver à soie[94]. Puis, avec la fin de la culture de la soie en 1772, les mûriers sont remplacés par le peuplier d’Italie plus productif en bois. Les ouvrages et les maisons d’éclusiers sont agrémentés d’arbres fruitiers. À la Révolution, les plantations autour du canal représentent environ 60 000 arbres alors qu’il n’y en avait que 45 000 à l’origine[95]. C’est sous l’Empire qu’on commencera à planter des platanes, aujourd’hui la variété dominante le long du canal, pour remplacer les arbres coupés.
Le canal du Midi comme modèle
Le canal du Midi s’inscrit dans les grandes réalisations de la fin du XVIIe siècle, le siècle des Lumières. Il s’inscrit aussi dans la pensée de Descartes qui pensait que la Nature ne pouvait pas être contrecarrée mais qu’il fallait l’utiliser, se l’approprier au sein de son système. C’est le « monde-machine » pour Descartes. Riquet a ainsi compris le système hydraulique de la Montagne Noire et a su le contrôler pour servir le canal du Midi[96]. Le roi Louis XIV qui en est le commanditaire laisse ainsi une marque de sa volonté de grandeur.
Le canal est aussi magnifié par l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et de D’Alembert en 1765, qui en relève l’utilité et la grandeur. Il le compare aux constructions romaines. Un autre encyclopédiste, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, loue la réalisation architecturale et hydraulique dans son ?uvre Des canaux de navigation et spécialement du Canal de Languedoc en 1778. De même, Bernard Forest de Bélidor félicite le concepteur dans Architecture hydraulique. Le canal devient un exemple en Europe car il reste pendant tout le siècle des Lumières le seul canal de cette taille en Europe.
Enfin, l’américain Thomas Jefferson, homme politique, architecte et futur président des États-Unis, vient étudier le canal du Midi en 1789. Alors, ambassadeur des États-Unis en France, il envisage en effet, la réalisation d’un ouvrage similaire pour relier le fleuve Potomac au lac Érié.

